Vis ma vie d’instit, l’après concours

Précédemment dans Vis ma vie d’instit

Je vous avais expliqué comment s’organise l’année de préparation d’un candidat au CRPE => Vis ma vie d’instit  Je vous avais laissé sur la question du département.

Au moment de l’inscription au concours, il avait été demandé aux candidats d’établir un classement de département selon leur préférence, et selon leur rang de classement. Les lauréats auront ou non ce qu’ils veulent. Là encore, il y aura des abandons, ceux étant dans l’incapacité de travailler dans un autre département préféreront repasser le concours en espérant un meilleur rang de classement, certains ont changé de département en cours d’année mais ça n’intéresse personne, d’autres essayeront de négocier un échange de département (sans succès), etc.

Après cette question du département, vient celle de l’école d’affectation (et donc de la ville d’affectation). Plusieurs paramètres qui m’échappent pour la plupart permettent d’affecter un lauréat soit dans sa ville, soit à Perpète-les-Alouettes. Sachez qu’un bon classement ne vous garantit pas de travailler dans votre ville, mais a priori vous ne serez pas affecté dans une ville très éloignée.

Pour rappel, les candidats ont appris fin juin leur réussite au concours, et le même jour leur département d’affectation. Ce n’est que quelques semaines plus tard qu’ils connaitront leur école d’affectation. Quelques semaines plus tard = début juillet, ce moment où les écoles ont (ou vont) fermés. Des lauréats ne pourront pas entrer en contact avec la direction de l’école et leur binôme avant le début des vacances.

Là vous vous dites, ce n’est pas grave, c’est les vacances (bien méritées) ! Bah non, c’est grave pour le lauréat qui ne connait peut-être pas son niveau de classe, qui ne sait pas quelles matières lui seront attribuées par son binôme (plus ou moins sympa), qui ne sait pas avec quels manuels il pourra/devra travailler.

Ces vacances auraient pu être un temps de préparation et de réflexion (progression, programmations, fiches séquences). Et puis non. Il faudra attendre fin août, parce que là c’est les vacances.

Bon là c’est le pire cas. Normalement, on vous dira « rapidement » votre niveau de classe (en précisant que c’est « normalement » ça, sous-entendu vous aurez peut-être un niveau de classe différent, seule la direction de l’école pourra confirmer, cette même direction qui est en vacances) et il sera possible d’entrer en contact (avant la rentrée) avec le binôme titulaire qui vous dira quelles matières vous allez préparer. Il vous dira aussi qu’il n’y a pas de manuels pour certaines de vos matières et ne vous donnera pas les programmations des années précédentes. Il ne vous dira pas « Débrouille-toi » mais le pensera très fort.

Donc en théorie, un lauréat connait son niveau de classe et quelles matières il devra enseigner avant le mois de septembre.

Et puis, vient septembre et là horreur ! Certains lauréats se retrouvent sans manuels et parfois sans budget alloué pour en acheter (et puis même s’il y a du budget, les commandes ont déjà été passées)… Mais on lui a bien commandé la papeterie nécessaire pour faire fonctionner la classe.

C’est la déception.

Le lauréat pensait naïvement trouver au moins des manuels. L’idéal étant d’avoir accès aux programmations pour savoir ce qui a déjà été fait dans certaines matières et mieux organiser son travail sur l’année.

Alors là soit il abandonne parce que vraiment trop c’est trop et qu’il n’est pas venu pour souffrir, okay ?, soit il se rappelle tout le chemin parcouru et essaye de trouver de bonnes idées : emprunter les manuels en bibliothèque, demander des spécimens gratuits à des maisons d’édition hyper sympa, trouver des blogs de prof sur internet pour utiliser des ressources mises en ligne gratuitement, profiter des conseils de personnes avisées et disponibles.

Parallèlement, les nouveaux professeurs sont visités par des tuteurs et doivent fournir tout un tas de documents prouvant qu’ils bossent.

Les tuteurs sont plus ou moins sympas. On lit souvent des témoignages négatifs sur internet, mais il faut dire qu’il y en a des vraiment très bien, qui tirent les nouveaux professeurs vers le haut et qui sont un soutien incommensurable dans cette nouvelle vie. 

Et je n’ai même pas parlé des inévitables problèmes de gestion classe, de tous ces enfants qui auraient besoin d’une AVS et qui n’en ont pas, des relations avec les parents d’élèves, etc.

Beaucoup de lauréats abandonneront dès le mois de septembre, et malgré une année complète de travail acharné…

Ça vous étonne ?

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s