Vis ma vie d’instit

Il faut que je vous dise l’envers du décor ou comment on devient professeur des écoles en France en 2017.

Tout commence par un concours, le CRPE ou concours de recrutement de professeurs des écoles. Quatre petites lettres qui cachent stress, espoir, désespoir et fatigue. Quatre petites lettres qui permettent la réalisation d’un rêve pour certains, un nouveau statut social pour d’autres, le changement d’une vie pour tous.

Le CRPE c’est un travail de longue haleine, certains commencent à s’y préparer un an à l’avance. Ils organisent un emploi du temps à la minute, multiplient les exercices, se mettent en condition. Certains sont « à la cool », d’autres se mettent une pression incroyable très longtemps avant d’entrer dans le « money time ».

Pour tous, la préparation du Concours prend une nouvelle dimension vers décembre/janvier. Ça devient beaucoup plus concret, on entre dans « l’année du concours », seuls quelques petits mois les séparent de ce moment tant attendu.

C’est le moment où presque tout le monde (ou en tout cas les plus avertis) commence à s’intéresser à la partie « dossier professionnel », le moment où fleurissent les questions : « Est-ce que ce sujet est au programme ? », « Comment faire un stage dans une école ? », « Où puis-je tester ma séquence ? », « Est-ce trop tard pour changer de matière ? »

[Pour les non-initiés, sachez qu’une séquence d’apprentissage est une série de séances pour enseigner quelque chose aux enfants. Elles doivent être bien construites et progressives, chaque séance poursuit un objectif en conformité avec les programmes de l’Éducation nationale. En d’autres termes, le candidat au CRPE choisit en septembre une matière (Sciences, Histoire, Géographie, etc.) et doit montrer au jury qu’il est capable (en théorie) d’enseigner, ou du moins qu’il est capable de fournir le travail nécessaire pour enseigner.]

Revenons à la chronologie du Concours.

Si en fin d’année la préparation du dossier commence à se mettre en place, vient aussi la question épineuse de l’oral CSE/EPS : « Mais comment se prépare-t-on à cet oral ?! » Ou plutôt ces oraux ! Un même jury pour deux oraux différents mais qui se suivent et qui influent nécessairement l’un sur l’autre.

Oui, comment se prépare-t-on à ces oraux ? C’est là que l’on va perdre beaucoup de candidats, démunis face à la charge de travail et la somme de connaissances. Certains vont acheter une dizaine de livres qu’ils ne liront pas, d’autres vont écumer les sites et blogs sur internet, recherchant désespérément la lumière au bout du tunnel.

Et pourtant, la solution est moins compliquée qu’il n’y parait, pour se préparer à l’oral de CSE, il faut se rendre sur le site de l’académie de Nice qui liste les sujets qui seront donnés en CSE à leurs candidats. C’est la seule académie à proposer cela, et mine de rien c’est une belle occasion pour tous les candidats. Une fois qu’on a la liste de tous les sujets possible (et ça fait beaucoup, beaucoup de sujets), il faut les étudier, les travailler, avoir un avis sur tout, envisager toutes les questions possibles et bien connaître le référentiel de compétences (ne pas hésiter à le citer autant que possible !)

Pour l’EPS, c’est un peu le même principe. Tout d’abord il faut connaitre les APSA (activité physique, sportive et artistique) de son académie, puis il faut les apprendre par cœur et envisager des situations d’apprentissages pour chaque APSA, et pour chaque cycle dans chaque APSA.

Bon ça va ? Je ne vous ai pas perdu ? On continue !

Nous sommes début février, et à quelques semaines des écrits (prévus en avril), on entre dans le « money time ». C’est à ce moment qu’on laisse un peu tomber la préparation des oraux pour celle des écrits. Parce que si le candidat échoue aux écrits, il ne pourra pas passer les oraux. Priorité aux écrits !

Les semaines passent, les écrits arrivent, beaucoup d’abandons, encore.

CRPE

Après les écrits, certains attendent naïvement les résultats avant de reprendre la révision pour les oraux. Très mauvais choix, il faut reprendre tout de suite le travail car entre les résultats des écrits et les oraux, le temps file très vite.

Bref, rebelotte : préparation, stress, envie d’abandonner, re-motivation, re-stress, surcharge cognitive, etc.

Arrivent les oraux, entre mai et juin selon les académies. Bon je vous passe les détails !

On arrive en juin, les résultats ! Les candidats bienheureux ont à peine le temps de faire retomber la pression, qu’une nouvelle forme de pression surgit : Quel département va nous être attribué ?

La suite bientôt parce que ce billet est vraiment trop long !

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