La mère que l’on aurait voulu être

Avant même d’être enceinte ou pendant la grossesse, on s’imagine la maman que l’on voudrait être. Influencée par notre environnement, consciemment ou non, on se voit déjà super-maman !

Maman allaitante, maternante, « proximale », bienveillante, la mère parfaite.

On se documente, s’enrichit des témoignages et de l’expérience de celles « qui y arrivent », optimiste et pleine de bonne volonté. On est sûre d’y arriver !

Décidée à accoucher sans péridurale, achetant coussinets et tablier d’allaitement, refusant même d’avoir un biberon à la maison. La jeune maman veut ce qu’il y a de mieux pour son bébé.

Et vient l’accouchement, long, très long, fatiguant, douloureux, avec cette impression que c’est la fin, qu’elle ne pourra pas endurer la douleur plus longtemps. L’idée de soulager cette souffrance avec l’aide de la péridurale lui fait peur tellement cela ne lui semble pas naturel. Mais elle cède finalement, elle s’en veut, culpabilise même !

Parfois, l’accouchement aboutit à une césarienne, elle a encore plus de mal à l’accepter : elle aurait préféré un accouchement « normal », pense que la relation avec son enfant en pâtira !

Après l’accouchement, c’est la rencontre avec bébé, mais elle a du mal à le mettre au sein, cette tétée dite de bienvenue ne se fait pas aussi naturellement qu’elle l’avait imaginée.

Les nuits qui suivront seront difficiles, bébé pleure beaucoup, elle est fatiguée,  son sein ne le calme pas. On lui propose un biberon. Elle refuse, se dit que la montée de lait finira bien par arriver.

Le lait arrive, enfin, mais bébé ne grossit pas… assez. Elle a peur, pense qu’elle met peut-être la vie de son bébé en danger. Elle a envie d’allaiter, en a besoin presque, mais il prend peu de poids. S’ajoutent les crevasses qui la font souffrir. Elle ne s’imaginait pas tant de douleurs.

Elle cède et lui donne un biberon. Il grossit. Elle se dit qu’elle fera un allaitement mixte. Mais le manque de stimulation finit par tarir le lait. Elle fait le deuil de l’image de mère allaitante qu’elle avait.

Alors elle s’accroche au reste : porte son bébé, n’utilise que des couches lavables, se veut bienveillante. Mais elle souffre en silence, et culpabilise. Elle a presque honte, non elle a honte de dire que son bébé prend un biberon, de raconter son accouchement.

Quand l’allaitement se met en place facilement, la jeune maman se rend compte qu’un bébé allaité tête beaucoup, toutes les deux heures, et parfois longtemps. Elle n’ose plus sortir, ne sachant pas comment faire pour allaiter en public. Elle commence a avoir l’impression de ne faire que « ça ». En a parfois marre mais ne le dit pas. Elle se dit que c’est ce qu’elle voulait mais a du mal à apprécier les moments de tétées.

A toi qui te reconnais dans cette description, arrête de culpabiliser, tu ne fais les choses que selon tes capacités !

Ne pense pas que ton accouchement est « raté » parce qu’il ne ressemble pas à celui que tu voulais. Le plus important est le résultat : un bébé et une maman en bonne santé ! Ne pense pas que ton allaitement est « raté » parce que tu as du le stopper à un moment.

Tu as fais le maximum pour donner le meilleur à ton bébé et tu dois en être fière.

Réjouis-toi et focalise-toi sur ce que tu PEUX faire pour lui. Oublie ce dont tu n’es pas capable.

Un bébé a besoin d’une maman épanouie, pleine de projets et non pas pleine de regrets.

Garde un esprit positif, ton bébé qui grandit mettra en péril beaucoup d’autres de tes principes. Notamment pendant la crise des 2 ans. Mais tiens bon et construis de beaux souvenirs avec lui !

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2 réflexions sur “La mère que l’on aurait voulu être

  1. Bonjour!
    Comme je me reconnais dans cet article! J’ai culpabilisé longtemps, trèèèèès longtemps, d’avoir cédé à la péridurale et de ne pas avoir aimé et du coup arrêté d’allaiter ma fille. Tellement que j’ai fais une énorme dépression post partum. Et puis j’en ai parlé autour de moi, je me suis rendue compte que je n’étais pas la seule, et surtout que malgré ça, ma fille allait très bien. Et je me suis mise a aller mieux, à déculpabiliser et le baby-blues est parti!
    Merci pour cet article!

    Aimé par 1 personne

    1. Coucou Mabouilletmoi,

      Merci à toi pour ton témoignage, je suis contente de lire tu as pu dépassé ce sentiment très difficile à vivre. Bravo !

      Il y a énormément de femmes qui traversent les mêmes questionnements, les mêmes peurs, sans oser en parler !

      L’environnement et surtout les liens familiaux et d’amitié participent pour beaucoup à l’intensité d’un baby blues qui peut durer de quelques heures à quelques mois voire plus quand ça devient une dépression.

      J'aime

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